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Peut-on parler de « malaise français » concernant l’innovation et le marketing ?

Ainsi déjà en 2010 l’étude « Science, technologie et industrie : perspectives de l’OCDE 2010 » indiquait que la France se positionne en milieu de classement d’une Europe en recul, avec des dépenses d’investissement en innovation en baisse depuis les années 90. De plus le nombre de brevets déposés est inférieur à la moyenne européenne.

Pourtant la situation française est assez paradoxale puisqu’il y a davantage de chercheurs pour 1000 habitants que la moyenne (52 pour mille contre 47 en moyenne), une part de diplômes en sciences et ingénierie en pourcentage de tous les diplômes décernés supérieure à la moyenne (77% contre 58% en moyenne), davantage de publications scientifiques et des dépenses de R&D plus soutenues par l’Etat que la moyenne des pays (39% contre 33% en moyenne).
Comment expliquer ce paradoxe français ? Selon Marc Papanicola, dirigeant de InsightQuest, cette situation serait une question d’état d’esprit. Il explique que culturellement « un certain nombre de grandes entreprises françaises de premier plan exploitent souvent des innovations devenues techniquement possibles sans avoir toutes les garanties qu’elles pourront trouver de réels débouchés commerciaux. A l’opposé d’un modèle plus anglo-saxon, pragmatique, qui part des attentes des clients et des consommateurs finaux pour éclairer les priorités d’investissement et de stratégie en matière d’innovation et s’assure donc dès l’amont des débouchés potentiels et du retour sur investissement de sa démarche d’innovation. »

Une autre étude publiée début 2012 par General Electrics* révèle notamment que les professionnels français sont peu optimistes au sujet de la capacité de l’innovation à améliorer le quotidien des individus. En revanche, l’étude montre également que les français font aussi partie de ceux qui font le plus confiance aux capacités d’innovation des petites entreprises. Ainsi seulement 49% des professionnels français interrogés présente leur pays comme un environnement propice à l’innovation. En outre, les cadres français représentés dans l’étude ne sont par exemple que 60% à penser que l’innovation peut améliorer le quotidien des individus contre respectivement 70 et 71% des cadres allemands et britanniques. Si elle reste globalement positive, la satisfaction des français à l’égard des performances de leur propre pays en matière d’innovation est également moins marquée que leur collègues allemands ou britanniques. En effet, seulement 1% des cadres français interrogés estiment que cette performance est « très bonne » quand les allemands et britanniques sont respectivement 34% et 19% à l’affirmer. La France est le pays de l’étude qui compte le moins de sondés considérant les performances de leur pays comme excellentes. Par ailleurs, alors que 47% des personnes interrogées pensent que l’innovation est « la mise en place de nouveaux process, produits et changements organisationnels ou marketing », elles ne sont que 30% à partager cette idée en France.

Il semble donc fondamental pour les entreprises françaises de repenser autrement l’innovation, non plus en tant que résultat d’une recherche technologique mais comme une réponse aux besoins de leurs utilisateurs.

*General Electric a mandaté le cabinet StrategyOne pour produire une étude sur l’innovation en tant que concept managérial, réalisée sur un échantillon de 2 800 cadres seniors exerçant dans 22 pays à travers le monde.

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